L’ordre cistercien, voulant revenir à une application plus stricte de la règle de saint Benoît, en opposition à l’enrichissement incarné par Cluny et ses prieurés chez les Bénédictins, adopte des statuts, approuvés en 1119.
L’article XV de la Charte de charité mentionne en particulier les règles concernant la vie matérielle : « Les moines de notre Ordre doivent tirer leur subsistance du travail de leurs mains, de la culture des terres et de l’élevage des troupeaux. Dès lors, il nous est permis de posséder, pour notre usage personnel, des étangs, des forêts, des vignes, des pâturages, des terrains écartés des habitations séculières, et des animaux, excepté ceux qui, d’ordinaire, excitent la curiosité et étalent la vanité plus qu’ils n’apportent d’utilité, tels que cerfs, grues et autres animaux de ce genre. Pour exploiter, entretenir et maintenir tout cela en état, nous pouvons avoir, à proximité du monastère ou au loin, des granges qui seront surveillées et administrées par les convers ».
C’est ainsi que les abbayes cisterciennes vont développer de grands domaines agricoles appelés granges, qui deviendront la base de la prospérité de l’ordre. La plus ancienne grange cistercienne est celle de Saule, près de Cîteaux, fondée vers 1115.
L’établissement d’une grange résultait de l’importance des biens cédés par les protecteurs des abbayes.
